Végétalisons la planète

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jeudi 15 juillet 2010

Les murs végétaux


Patrick Blanc, a inventé un procédé spécial qui va nous sauver des cauchemars sur des villes du futur toutes grises. Grâce à lui, nous pouvons rêver de villes vertes et luxuriantes, d’immeubles de 50 étages aux façades accueillant des oiseaux. Patrick Blanc, chercheur au CNRS, botaniste et spécialiste des plantes tropicales, est l'inventeur des murs végétaux. Il a breveté un procédé qui lui offre la possibilité de végétaliser des surfaces urbaines jusqu’alors inaccessibles aux plantes. Pour l’instant ce traitement n’est appliqué qu’à un certain nombre d’immeubles de luxe, au Japon, en Thaïlande, aux Emirats Arabes et à une des superbes façades du musée du Quai Branly à Paris.
Patrick Blanc, enfin plutôt vert Wink

Le concept

Le mur végétal est issu des nombreuses observations effectuées dans la nature depuis une trentaine d'années par Patrick Blanc. Certaines plantes poussent en effet sur des supports dépourvus de sol mais recouverts de mousses, tels les rochers, les troncs d'arbres ou les lits caillouteux des ruisseaux. Ces plantes se rencontrent dans les milieux suffisamment humides et régulièrement arrosés par les pluies. Leurs racines, fixées superficiellement sur ces supports, captent l'eau de ruissellement de surface. Ces modalités de croissance se rencontrent en zones tempérées comme en zones tropicales, le plus souvent dans les sous-bois sombres et dans les régions montagneuses. Ces observations ont donné l'idée à Patrick Blanc de faire pousser des plantes sur des supports verticaux dépourvus de sol.


Le mur végétal, refuge de la biodiversité en milieu urbain 
Tous les éléments minéraux sont en fait véhiculés par l'eau et absorbés avec elle par les racines. Les autres éléments essentiels à la construction des plantes (sucres, protéines…..), sont élaborés par les feuilles à partir de l'eau et du gaz carbonique de l'air, grâce à la photosynthèse. 
Si l'eau reste disponible tout au long de l'année, comme c'est le cas dans nos montagnes ou dans les forêts tropicales, la végétation herbacée ou arbustive colonise la plupart des supports disponibles, en particulier les rochers et les bases de troncs d'arbres. Une pellicule d'humus de quelques millimètres d'épaisseur, souvent stabilisée par des mousses, recouvre alors les faces inclinées de ces rochers. Ce substrat superficiel mais très riche, est parcouru par les racines des espèces herbacées et arbustives qui représentent une part très importante de la biodiversité végétale (environ le tiers des espèces des forêts). 

Même dans nos régions tempérées, quantité de plantes s'installent sur les sites très exposés, comme les falaises, les abords des grottes et de cascades, les éboulis rocheux. Ainsi, les racines des plantes sont capables d'exploiter des substrats très peu épais, soit à la surface des rochers, soit dans les anfractuosités, pourvu que l'eau reste disponible. 
Le Mur végétal a été conçu à partir de ces observations avec l'objectif de protéger les bâtiments, tout en assurant à l'installation végétale une pérennité d'au moins trente ans avec un entretien très réduit mais régulier. 

Le Mur végétal consiste en une superposition de différents éléments garantissant la croissance et la fixation à long terme des racines des plantes sur une surface et non pas dans un volume, contrairement aux autres méthodes de culture. Le brevet de Patrick Blanc est donc basé sur cette nouvelle technique de culture verticale, qui permet de s'affranchir des problèmes de poids du substrat et, par conséquent, d'assurer la végétalisation des surfaces des bâtiments, quelle que soit leur hauteur. 
Selon une solution qui s'est avérée pertinente depuis de nombreuses années, deux couches de feutre en polyamide sont agrafées sur des plaques de PVC expansé de 10 mm d'épaisseur (support étanche) et sont fixées sur une ossature métallique qui assure une isolation (coussin d'air) avec le mur porteur. C'est sur ce feutre, à fort pouvoir de capillarité et de rétention d'eau, que se développent les racines des plantes. Celles-ci sont installées à toutes les hauteurs du mur végétal, avec une densité de l'ordre d'une vingtaine de végétaux par mètre carré. Structuré en un ensemble de tuyaux régulièrement percés et superposés à partir du sommet du mur, l’arrosage maintient un niveau minimal d’humidité et distribue une solution nutritive.
        

En plus de l'aspect esthétique, le mur végétalisé présente plusieurs avantages :
  • Il permet une meilleure régulation thermique du bâtiment. En été, l'ensoleillement est réduit.
  • L'évapotranspiration du lierre ou d'autres grimpantes contribue au rafraîchissement de l'air et à une régulation de l'hygrométrie. En hiver, ce couvert végétal seul ne peut jouer un véritable rôle d'isolant, mais en asséchant les fondations et en protégeant les murs de la pluie (grâce à l'orientation des feuilles et à leur densité dans le cas du lierre), il les rend plus isolants.
  • Il protège le bâtiment contre l'effet corrosif des pollutions urbaines (pluie acide, pollution atmosphérique) et contre l’humidité (acide, en ville), en offrant une surface imperméable à la pluie. En effet, la disposition "en tuiles" des feuilles de certaines grimpantes, telles que le lierre, permet de protéger presque totalement le mur de la pluie.
  • Les racines participent à l'assèchement du sol à proximité des fondations.
  • La végétalisation des façades offre une surface végétale supplémentaire et significative pour l'épuration de l'air et la production d'oxygène.
  • Certains murs anti-bruit sont végétalisés, augmentant leur fonction dé-stressante. Le feuillage seul est réputé inefficace (une épaisseur de 10 m de feuillage d'arbres ne réduit un son puissant que d'à peine 1 dba), cependant le bruit du vent dans les feuilles et celui des oiseaux (comme celui des fontaines) ont des vertus psychologiquement apaisantes, et sans vraiment cacher le bruit ambiant, ils le rendent plus supportable.
 
Végétalisons la planète !

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